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Un jeu Dark Souls c’est un voyage initiatique, une expérience viscérale, une immersion intense dans l’univers torve et poisseux de la Dark Fantasy. Sorti en avril dernier sur PC, PS4 et XboxOne il est classé dans la catégorie Action-RPG. Mais peut-on placer un tel jeu dans une case (pour moi) trop petite ?

Développé par From Software et édité par Bandai Namco, le papa des Souls se présente sous la forme d’un petit homme à la bouille ronde et débonnaire Hidetaka Miyazaki. Demon’s Souls sorti en 2009 a posé les bases, suivi de Dark Souls en 2011 et Dark Souls II en 2014. Avec Dark Souls III Miyazaki atteint le sommet de son oeuvre et clos la trilogie d’une façon magistrale. Non sans mal, précisons-le, pour cet homme qui a gravit les échelons et passe de développeur chez From Software à PDG en 2014. Mais sa position de leader au sein du groupe ne l’empêche pas de poursuivre son rêve : faire des jeux vidéo. Et quels jeux ! Certains l’ont taxé de sadique, pointant du doigt la difficulté légendaire de ces œuvres. Ce à quoi il répond que lesdites œuvres sont dures, mais justes. Le scénario est cryptique, mystérieux, et se dévoile à ceux qui s’investissent vraiment dans l’aventure. Ne cherchez pas de paysages féeriques et fleuris, de licornes ailées et de princesse en émoi. Dans les Souls règne le désespoir, où errent âmes en peine, cadavres décomposés, et autres créatures cauchemardesques. A ne pas s’y tromper on retrouve les codes de la dark fantasy entre Conan le Barbare, le manga Berserk ou la série de JdR Wizardry.

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Home, Sweet Home !

Une fiole d’estus et ça repart

Avant de se lancer dans l’aventure le joueur passe par la case création/personnalisation du personnage. Comme dans les autres Souls, la personnalisation est assez poussée et si vous avez du temps (et beaucoup de talent)  vous pouvez faire de vous une Lara Croft ou un Nathan Drake en puissance. Nous avons également le choix entre 10 classes :

Chevalier, Guerrier, Héraut, Mercenaire, Voleur, Assassin, Sorcier, Pyromancien, Clerc et Mendiant. Chaque classe possède un équipement de départ et des attributs en fonction du style de jeu. Le Guerrier par exemple commencera avec de nombreux points de vie et une force solide, et sera efficace au corps à corps. En comparaison le Sorcier spécialisé dans le combat à distance, aura une Intelligence élevée (pour la puissance des sorts)  mais aura une vitalité plutôt faible. La classe Mendiant est une classe “neutre” puisqu’elle permet de monter les attributs que l’on veut. Précisons que le fait de choisir une classe ne fige pas le style de jeu, le joueur décide de monter tel ou tel attribut. Libre à vous de forger la destinée d’un chevalier-mage ou d’un mercenaire-pyromancien.

Dans votre cheminement erratique en ces lieux hostiles, vous pourrez compter sur vos armes, votre armure et… vos fioles d’estus. Donneuses de vie, de mana, d’espoir une seule pourra changer le cours d’un combat, vous sauver ou vous tuer. Tuer ou être tué ? Venir à  bout de créatures dans Dark Souls vous fera gagner des âmes. Celles-ci vous ouvriront les portes pour des améliorations d’armes, de boucliers. Si vous succombez, vous aurez une chance de récupérer vos âmes mais il n’y aura pas de deuxième fois. Les checkpoints sont représentés par des feux, qui vont permettront de vous rendre dans votre havre de paix Lige-Feu mais aussi de voyager dans les différentes zones. A Lige-Feu, HUB du jeu, vous pourrez dépenser vos âmes pour augmenter des attributs, acheter de l’équipement, retrouver plusieurs PNJ dont l’indispensable Forgeron, nommé André (du coup il m’a paru immédiatement sympathique).  Chaque niveau se conclut par un combat en arène contre un Boss, aussi impressionnant que coriace. A vous de comprendre son pattern, ses forces et ses faiblesses pour en venir à bout. Avec un peu de Chance vous trouverez de meilleures armures, avec votre sens de l’observation, des passages secrets… En effet dans les Souls rien n’est gratuit, tout se paye et bien souvent au prix de notre mort. Mais la mort fait partie constituante du jeu, et mourir veut dire recommencer, s’investir. Mourir et renaître en ayant appris de ses erreurs. Plus dure est l’épreuve, plus douce sera la récompense…

Je ne l’ai pas vraiment expérimenté mais le multijoueur, plutôt bien pensé, permet aux joueurs de s’entraider, comme de se nuire (on reste dans Dark Souls). Ainsi on a la possibilité de laisser des messages aux autres combattants pour les avertir d’un passage secret, d’un ennemi en embuscade, ou simplement pour les induire en erreur. Le jeu ne peut pas se faire entièrement en coop mais si un Boss vous pose problème, vous pouvez invoquer un autre joueur pour en venir à bout. Vous pourrez aussi faire la mauvaise expérience de vous faire envahir par un autre joueur qui n’aura comme but que de vous occire… La communication reste limitée, les messages laissés étant scriptés et les échanges se présentent sous la forme d’émotes. Le multi est donc cohérent avec le leitmotiv du jeu : vous êtes seuls et ne pouvez vous fier véritablement qu’à vous même.

 

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Par une belle journée d’été…

“Le feu se meurt et vient l’âge des Seigneurs sans trône”

En tant que morteflamme, vous répondez à l’appel du feu qui se meurt. Votre mission sera de venir à bout des Seigneurs des Cendres, et de ramener ce qu’il en reste sur leurs trônes respectifs.

La particularité de Dark Souls 3 c’est que chaque partie, chaque expérience est unique. Loin des jeux téléguidés, chacun va appréhender et vivre l’aventure différemment. Finalement on est libre dans Dark Souls, libre de rusher vers les Boss, libre de se concentrer sur les quêtes secondaires ou les améliorations d’équipement. Le scénario existe, il est cryptique et il est vrai on se sent perdu au début du jeu, on ne sait pas vraiment pourquoi on est là, quels sont les tenants et les aboutissants. Mais encore une fois là ou le jeu est exigeant (mais juste) dans ces combats, il l’est aussi dans sa découverte du Lore. L’essence des Souls se dévoile en échangeant avec les PNJ, dans les descriptions des armes et armures, au grès de notre progression, dans la litanie des Boss… Mais la narration se décrypte aussi dans les environnements, les ambiances sonores et lumineuses. Dark Souls 3 nous offre des décors divers et variés, qui ont tous un point commun : ils sont somptueusement malsains. La taille des bâtiments, l’immensité des intérieurs, le silence (la musique n’est présente que pour les combats contre les Boss), tout nous rappelle que nous sommes vulnérables, “petits”, et seuls dans cette aventure.

On ne peut que saluer le level design, qui participe de cette impression. On est tendu, jusqu’à apercevoir le prochain feu, symbole de sécurité et de réconfort. Plusieurs routes sont possibles pour atteindre la prochaine zone, et si on prend de la hauteur on a une vue imprenable sur le chemin accompli et surtout sur ce qui nous attend, au loin, dans la brume et qui est rarement réjouissant. Miyazaki et son équipe ont le sens de la mise en scène. Chaque nouvel environnement découvert est un émerveillement, il m’est arrivé de contempler des décors, la bouche bée, comme devant un tableau. Mention particulière pour les effets de flammes, de braise et de particules qui sont un élément clé du jeu. L’imagination, l’inspiration des créateurs se ressent dans la richesse et l’originalité du bestiaire ; le moindre mob possède ses forces et ses faiblesses, ses attaques spéciales, et on se demande encore à la vue de certaines créatures démoniaques “mais où sont-ils allés chercher ça ?”…

La musique, parlons-en, fais partie intégrante de l’âme du jeu. Savamment dosée, on la retrouve à Lige-Feu sous la forme d’une mélodie envoûtante mais elle dévoile toute sa beauté lors des affrontements contre les Boss. Chaque combat est unique, chaque Seigneur des Cendres est aussi puissant, imposant qu’élégant. La musique qui accompagne les coups est glaçante, épique. Les choeurs désespérés et mélancoliques, semblent chanter pour nous accompagner dans notre dernier souffle. C’est cette ambiance qui m’a séduite dans Dark Souls 3 et cette justesse d’exécution, ce sens du rythme, du spectacle macabre, de la mort lente et douce qui semble suinter des murs décrépis.

Ayant testé le jeu sur PC, et PS4, je n’ai pas noté de différences notables en terme de graphismes. Quelques bugs et ralentissements ont entaché mon expérience sur pc et quelques chutes de framerate sur ps4 mais rien de bien méchant. Le moteur est le même que pour Bloodborne, dans une version “dépoussiérée”,  et on ne peut pas reprocher grand chose à la réalisation technique.

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 » Et si on prenait un verre ? »

Dark Souls 3 ou l’amour vache

Avec ce troisième opus, Miyazaki sublime et conclut ce qui pour moi peut être qualifié de chef-d’oeuvre vidéoludique. Le jeu est riche, et offre une possibilité de rejouabilité presque infinie, avec des écoles de magie différentes (miracles, sortilèges, poisons…), des armes pouvant être améliorées, imprégnées de gemmes, ou encore des zones annexes riches en loot et en équipement rare. Par rapport à Dark Soul I et II, beaucoup d’améliorations ont été apportées, le jeu tout en conservant un gameplay exigeant “à l’ancienne”, est plus équilibré, subtil. A l’instar de ses prédécesseurs, il nous fait vivre une aventure et des émotions uniques, avec ses décors gothiques somptueux, ses monstres horrifiques et ses Boss charismatiques inoubliables. 

Loin des normes actuelles ou le jeu nous tiens par la main, Dark Souls 3 lui nous pousse, nous malmène mais nous nous relevons plus fort à chaque fois. J’ai vécu le jeu comme un voyage initiatique, DS3 par sa difficulté va nous pousser dans nos retranchements. Tout est question d’apprentissage, de patience, d’observation. On finira par s’habituer à la présence de la mort, omniprésente. Comme le dit si bien son créateur : “Le message de Dark Souls, c’est de l’espoir : “N’abandonnez pas.

A Hidetaka Miyazaki et toute son équipe : merci pour le plus beau des cauchemars.

                            

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Si vous voulez poursuivre l’aventure, je ne saurais que trop vous conseiller le très bon ouvrage Dark Souls par-delà la mort de Damien Mecheri et Sylvain Romieu chez Third Edition

 

Dark Souls III [TEST]: ce qui nous tue nous rend plus fort
Les +
  • L'univers, les décors, la musique
  • Le bestiaire, le charisme des Boss
  • La richesse du Background
Les -
  • Quelques bugs et lenteurs sur PC
  • ...et c'est tout !
Ma note : 19/20

A propos de l'auteur

Co-fondatrice de The Gaming Circle. Geekette passionnée, surtout par les RPG (mais pas que). Je joue sur XboxOne, PS4, PC, et vieilles machines. Gueule beaucoup mais ne mord pas.

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