S'enregistrer
Votre mot de passe vous sera envoyé.

Autant vous l’annoncer d’entrée, mon rêve absolu à réaliser avant de mourir, est de contempler notre belle planète bleue depuis le vide spatial. J’ai une affection toute particulière pour les jeux prenant place dans l’espace (Dead Space, Homeworld, Mass Effect, et dernièrement je suis sur Elite Dangerous en attendant No Man’s Sky). Adr1ft ne me laissait donc pas insensible, et je vous livre ici un petit test de la version PS4 sortie depuis peu.

Adr1ft est annoncé comme un FPX par ses développeurs, comprenez par là une « expérience à la première personne ». Ce terme, vous ne vous en doutez peut-être pas encore, va prendre tout son sens par la suite. Le menu du jeu nous accueille avec le « Clair de Lune » de Claude Debussy que nous avons pu entendre dans les trailers. Morceau qui colle parfaitement à l’ambiance du jeu.

La partie est lancée. Une rapide initiation au fonctionnement de la combinaison d’astronaute est proposée. Tout débute le 8 juillet 2037, à exactement 462km au-dessus de notre bonne vieille Terre. Vous incarnez le commandant Alex Oshima. En ouvrant les yeux, la panique arrive très vite. Le pied de notre jeune femme est coincé dans un câble. Elle arrive à se dégager et découvre la catastrophe devant ses yeux. La station spatiale Northstar IV dans laquelle elle travaillait apparaît sous forme de débris. Que s’est-il passé? Elle n’en a aucun souvenir et le reste de son équipage ne semble plus présent..

Un semblant de scénario qui vous fera sans doute penser au film Gravity d’Alfonso Cuarón. La vue à la première personne dans le casque d’Oshima avec sa respiration en fond sonore y sera aussi pour quelque chose. Revenons à notre astronaute. La combinaison d’Alex est endommagée forcément, et elle laisse échapper de précieuses quantités d’oxygène indispensable à la survie dans cet environnement loin d’être amical. Les voix sont en anglais, ce qui ne me dérange absolument pas. J’active donc les sous-titres français et ceux-ci sont ridiculement petits!  Plutôt illisible donc.. Je m’en sors pas mal niveau anglais et je suis passé outre mais ça ne sera pas le cas pour tout le monde. Surtout que les infos affichées peuvent être pertinentes et importantes.

ADR1FT_20160716110946

Oh les jolis sous-titres

Une expérience spatiale

Dans mon précédent article, je vous précisais aussi qu’il fallait s’attendre à un rythme très lent. C’est très peu de le dire. Le système de propulseurs intégré est lui aussi abîmé. Et les premiers déplacements sont simplement pénibles. Attraper vos premières bouteilles flottantes d’oxygène vous fera peut-être crier en vous faisant virevolter dans tous les sens. J’ai passé les 5 premières minutes à râler à voix haute (ma famille est en vacances). J’éteins la console et part manger une glace (je sais, mon alimentation n’intéressera personne).

Je reviens relancer la partie désormais calmé, posé, et un brin plus motivé pour me lancer réellement dans l’aventure. Je branche cette fois mes écouteurs sur la Dual Shock pour profiter pleinement de l’ambiance sonore. Quelques minutes plus tard, je maîtrise les déplacements d’Alex. Je m’amuse à me mouvoir dans tous les sens possibles. Ce n’était pas si compliqué et je trouve d’ailleurs la configuration manette plutôt intuitive. Le stick gauche pour gérer les déplacements et votre vitesse. Le stick droit bien entendu pour diriger la vue. Les gâchettes pour les mouvements verticaux (enfin dans l’espace, il n’y pas vraiment de repère), donc monter et descendre. Et enfin L1 et R1 pour tournoyer gaiment. Par contre c’est toujours aussi lent. Tant pis. Nous sommes dans le vide intersidéral, avec un équipement non fonctionnel à 100% sous gravité zéro. J’aimerais ajouter que ce sera le seul mode de déplacement tout au long du jeu. Aucun véhicule, et la station Northstar IV étant désormais en morceaux, pas question de l’explorer « à pieds ». Le bouton L3 recentrera Alex dans le « bon sens ».

Retour dans la situation initiale. Notre astronaute se rend vite compte que le seul espoir de rentrer sur la terre ferme est d’utiliser une navette de secours. Et dans ce but, il va falloir effectuer plusieurs manipulations et réparations dans les 4 modules qui constituaient l’ensemble de la station autour d’un « hub central ». Ceci dans un ordre précis car vous allez suivre les indications de l’ordinateur de bord. L’essentiel du jeu consiste donc à vous déplacer dans les nombreux débris à la recherche des différents composants à remettre en route. Aucune phase d’action intense à proprement parlé n’est présente et ne vous attendez pas non plus à faire une rencontre extraterrestre au détour d’un couloir. Adr1ft aborde ici une vision qui se veut plutôt réaliste en appuyant également sur la sensation de solitude. Le mot expérience dans Adr1ft prend alors son ampleur tandis que le gameplay n’offre quasiment rien.

ADR1FT_20160715230710

Le titre en lui-même est en plus d’une facilité déconcertante. 2 petites difficultés seulement se présentent devant vous. Il faudra faire preuve de patience.. Comme dit plus tôt, la combinaison d’Alex est endommagée. Nous apprenons que le système d’oxygénation et celui de propulsion sont maintenant liés. Plus vous poussez sur les propulseurs, plus l’oxygène se videra vite. Génial n’est-ce pas? Vous aurez donc quelques moments d’angoisses qui s’estamperont bien vite après une heure de jeu. Sur le chemin, vous trouverez toujours les précieuses réserves un peu partout. Elles clignotent en vert et sont facilement repérables. Un petit appui sur R3 vous affichera les éléments interactifs sur votre HUD. L’asphyxie est alors très rare à moins de prendre vraiment son temps ou de se balader dans un coin un peu trop éloigné. Mais le fait de devoir toujours se réapprovisionner de ces bonbonnes casse encore plus le rythme déjà lourdaud. Le jeu sauvegarde régulièrement lors de chekpoints.

La seconde difficulté éventuelle pour certains joueurs sera de repérer les objectifs à atteindre. Un mini radar vous les indique dans un plan 2D mais il pourra sembler perturbant et peu fiable pour ceux qui auront déjà du mal à orienter l’astronaute. Ils se perdront sûrement en route. De mon côté, je n’ai pas eu vraiment de souci et je n’ai pas perdu trop de temps à trouver les itinéraires nécessaires. Le level design est à ce propos réussi et les débris sont dispersés de façon assez logique.

J’ai donc bouclé le jeu sans rusher au bout d’un peu plus de 4h.. Entre 4h et 5h de jeu pour les joueurs moins pressés. Plutôt limite même si le titre est vendu 19,99€, en sachant que la rejouabilité n’offre que très peu d’intérêt. Un mode libre sera disponible en finissant Adr1ft. Et c’est tout.

Des améliorations seront débloquées pendant votre périple pour votre combinaison. A savoir que vous vous déplacerez un « tout petit peu » plus vite, votre réserve d’oxygène sera plus grande etc.. Ce qui pourra rallonger un peu la partie, sera de trouver tous les éléments collectionnables pour les trophées. Emails, journaux audio, objets personnels de l’équipage.. qui vous en apprendront un peu plus sur l’histoire. Mais absolument rien de passionnant ne s’y trouve et je n’ai pas eu le courage de relancer une partie. Alors que généralement dans d’autres jeux, j’aime bien fouiller partout pour trouver les nombreux éléments cachés.

ADR1FT_20160715233958

Côté technique, le rendu d’ Adr1ft n’a rien d’éclatant cependant l’ensemble reste très propre et bien plaisant. Le premier réveil avec une vue imprenable sur la Terre fait son effet! Le lieu de jeu étant restreint, vous ne visiterez rien de varié. Les 4 modules de la station se ressemblent tous avec leurs couloirs aseptisés (bon, ce n’est pas un hôtel 4 étoiles, ça reste tout à fait normal). Quelques zones spécialisées un peu plus colorées et les chambres d’équipage briseront un peu cette monotonie. Sur PS4, tout reste fluide, par contre il y a pas mal de clipping. Au niveau sonore, l’ambiance reste très minimaliste. 2-3 musiques discrètes font le travail. Le reste du temps nous serons concentrés sur la respiration d’Alex et le bruit provenant des machines et des mécanismes de la station. Bon normalement il n’y aucun son dans l’espace mais là vous pourrez entendre des grésillements électriques quand vous vous rapprochez des câbles arrachés. Je vous recommande fortement de jouer au casque.

Que penser du titre de Three One Zero au final?

Pour les amateurs passionnés par l’environnement spatial (moi-même), Adr1ft pourra certainement leur mettre des étoiles plein les yeux mais pas à plein tarif. Pour se mettre dans la peau d’un astronaute, pour ressentir des moments stressants, angoissants et haletants dans un cadre intimiste, le jeu remplit honorablement sa fonction mais l’expérience est de trop courte durée pour justifier un tel prix. La sensation de solitude extrême accompagné d’un silence quasiment total est bien rendu. L’immersion est obligatoirement plus probante avec la réalité virtuelle, à revoir donc à la sortie du Playstation VR. Pour les joueurs plus avertis par contre, dans l’espace, personne ne les entendra s’endormir..

 

 

 

[TEST] Adr1ft, vertigineux mais..
Les points positifs
  • Joli et propre
  • L'immersion spatiale
  • Concept inédit quand même.
Les points négatifs
  • Un peu cher tout de même
  • Trop court et facile
  • Effet somnifère, lent.
Ma note : 12/20

A propos de l'auteur

Co-fondateur de The Gaming Circle. Rédacteur en chef. Papa Geek.. Toute l'actualité gaming-high tech m'intéresse et je suis pressé de découvrir la réalité virtuelle! Joue sur PS4, PC et PS Vita.

Articles similaires

Laisser un commentaire