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Vous l’aurez compris, je suis une passionnée de RPG et des jeux From Software en particulier. Dans mon cœur et dans mon âme (il en faut beaucoup dans les Souls), je reste marquée par ma première expérience sur Demon’s Souls (20 secondes), par ma découverte des premiers Boss sur DS3 et mes pérégrinations hasardeuses dans le sombre Dark Souls Prepare To Die Edition. Un Souls reste une expérience unique avec ses propres codes et interprétations. Mais pour un joueur lambda, cet univers peut sembler cryptique, mystérieux et donc menaçant. On a peur du noir, on a peur de ce que l’on ne connait pas. Et on ne peut que saluer le travail de passionnés des Souls, qui grâce à des guides, wikis, vidéos… vont nous permettre de toucher du doigt l’essence des Souls.

Damien Mecheri et Sylvain Romieu font partie de ses passionnés, qui nous offrent avec le livre Dark Souls. Par-delà la mort, une mine d’informations, d’anecdotes que je ne peux que conseiller à tous les curieux et Souls Addict comme moi. Ils ont gentiment accepté de répondre à mes questions.

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Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

Damien : J’ai trente ans, je suis passionné par le jeu vidéo, le cinéma, la musique et l’art en général. Je suis auteur pour Third Editions et j’écris dans le milieu de la presse jeu vidéo depuis une dizaine d’années (les revues Gameplay RPG, Background, l’ancien site Gameweb.fr, Pix’n Love Editions, etc.).

Sylvain : Trente-et-un ans de mon côté. J’habite dans le sud de la France, partageant mon temps libre entre le petit bébé qui court partout chez moi, et les jeux vidéo. Sinon, à part ma contribution sur le bouquin Dark Souls, je ne bosse pas du tout dans le milieu littéraire, mais celui de l’informatique. Je suis développeur de logiciels.

Que représente l’écriture pour vous ?

Damien : L’écriture occupe une grande partie de ma vie depuis près de quinze ans. La langue française est magnifique, pleine de nuances, et l’écriture m’est toujours apparue comme un mode d’expression extrêmement riche, qui permet d’évoquer beaucoup de choses en peu de mots. Au fond, c’est la lecture qui m’a donné envie d’écrire. Notamment en ce qui concerne la lecture « critique » (de cinéma, de jeu vidéo, la philosophie, etc.), j’ai toujours pris beaucoup de plaisir à lire certains journalistes et auteurs, qui m’ont fait découvrir énormément de choses et m’ont aidé à me forger un esprit critique et analytique. Le partage, la découverte, la réflexion, ce sont ces piliers qui m’ont poussé vers l’écriture.

Je suis heureux d’avoir pu en faire mon métier et j’essaie de ne jamais prendre ce privilège pour acquis – l’écriture doit être exercée, améliorée, il est nécessaire de savoir se remettre en question, il y a tant à apprendre ! En parallèle de mon travail pour Third Editions, je me suis d’ailleurs lancé il y a presque un an dans l’écriture d’un roman, que j’avance lentement pendant mon temps libre. Un exercice absolument passionnant, très difficile et en même temps formateur.

Sylvain : Pour ma part, l’écriture commence par la lecture, et j’adore lire ! Des romans aux articles de blog, voire aux commentaires de ceux-ci, on trouve des textes intéressants partout. Souhaitant apporter ma pierre à l’édifice, j’ai lancé le site Chroniques-ludiques.fr il y a quelques années. J’avais envie d’écrire sur le jeu vidéo, de faire des critiques, des analyses sur ce média souvent abordé comme un simple guide d’achat. Et même si on trouve de bonnes plumes derrière cet exercice du guide d’achat, j’ai du mal à m’en contenter. Heureusement, depuis cette époque, le paysage de la presse vidéoludique a bien évolué et on trouve davantage d’articles de fond. L’inconvénient, c’est que plus personne ne lit. Tout passe désormais par la vidéo, et souvent, le visuel ou l’animateur prend le dessus sur la qualité d’écriture du script, ce qui donne un résultat régulièrement peu convaincant. Bref, je préfère en rester à un texte travaillé et concis !

Ce livre est-il une première pour vous ?

Damien : Avant Dark Souls j’ai écrit le livre « Video Game Music – Histoire de la musique de jeu vidéo » (Pix’n Love Editions) et « La Légende Final Fantasy X » (Third Editions). De plus, je travaille avec les fondateurs de Third Editions (Mehdi El Kanafi et Nicolas Courcier) depuis 2011.

Sylvain : Tout à fait, et une sacrée expérience !

Pourquoi vous êtes-vous lancés à deux sur ce projet ?

Damien : Je suis arrivé sur le projet après le départ d’un journaliste qui, pour des raisons personnelles, n’a pas pu écrire sa partie du livre. Mehdi et Nicolas étaient au courant de mon amour pour Demon’s Souls et Dark Souls, ils m’ont proposé de le remplacer. Je connaissais déjà Sylvain d’un forum qu’on suivait régulièrement, donc la prise de contact a été très facile.

Sylvain : Voilà, à la base le travail était découpé selon les intérêts des deux auteurs. Personnellement, la genèse et les mécanismes des Souls ne m’intéressaient pas plus que ça (alors qu’en fait, le détail de la création des jeux est juste passionnant, saleté d’à priori !), alors qu’avoir carte blanche pour creuser le background et en faire un bouquin, ça me bottait déjà beaucoup plus.

Comment vous êtes-vous organisés pour cette rédaction en duo ?

Damien : Sylvain s’est occupé de tout ce qui concerne le Lore et l’analyse thématique, je me suis occupé du reste (genèse des jeux, musique, décryptage…). Avec cette répartition des tâches, on était certains de ne pas interférer sur le travail de l’autre – et je n’avais de toute façon pas le quart des connaissances de Sylvain concernant le Lore, il s’en est fait une spécialité. On s’entretenait régulièrement par Skype ou par mail pour discuter des points de litige ou des corrections et suppléments d’information à apporter. Et on a relu un nombre incalculable de fois la copie finale pour tout harmoniser.

Sylvain : Quand Damien m’a rejoint sur le projet, on s’est appelé. Durant ce premier contact, on s’est longuement entretenu sur notre vision de la série des Souls, et il s’est avéré qu’on était sur la même longueur d’onde, et que l’on partageait à peu près le même ressenti et la même approche sur ces jeux. De fait, bosser ensemble, même si l’on n’était pas sur les mêmes chapitres, se fit de manière assez naturelle. On se relisait mutuellement pour essayer d’éviter les répétitions d’idées ou les oublis de points importants. Même si je n’ai pas d’autre expérience dans le domaine, encore moins en tant que co-auteur, je trouve notre collaboration réussie.

Quelles ont été vos sources pour offrir une analyse aussi poussée du Lore, du développement des jeux ?

Damien : Pour le développement des jeux, plusieurs dizaines d’interviews, des articles de site et de magazines, et des livres officiels comme l’excellent Dark Souls Design Works.

Sylvain : Pour le Lore, rien n’est plus précis que les jeux eux-mêmes ! On trouve un tas de théorie sur le net, et elles sont (presque) toutes géniales. J’en ai d’ailleurs évoqué une bonne sélection dans le bouquin. Mais parfois, les auteurs de ces théories prennent quelques libertés, en ôtant d’autres éléments du contexte qui mettent en péril leurs théories. Du coup, en lisant l’interprétation (ou regardant la vidéo), on se dit que c’est génial, mais en creusant un peu, avec tous les éléments du jeu à plat, on trouve les failles. Du coup, j’ai surtout utilisé les wikis, avec les retranscriptions des dialogues et des descriptions d’objets, car tout le Lore des Souls passe par là. En tout cas, j’aimerais saluer la communauté qui s’occupe du Lore et qui cherche sans relâche les points de détails. Même des années après, on découvre des trucs étonnants, ce qui prouve bien la richesse incroyable dont fait preuve la série. D’autre part, je me suis acheté un bon bouquin sur la symbologie, car les Souls sont gavés de références symboliques en tout genre, et ça m’a aidé à comprendre plein de trucs.

Pour l’élaboration de ce livre, avez-vous fait des rencontres marquantes ?

Damien : Non, je n’en ai pas eu l’occasion.

Sylvain : Je ne connaissais pas Mehdi et Nicolas avant de me lancer dans ce projet, donc, oui, on peut dire que cette rencontre a été marquante. En tout cas, ça me fait plaisir de voir qu’il existe des gens qui se lancent dans l’improbable rencontre entre analyse vidéoludique et bouquin !

Quelles difficultés, obstacles avez-vous rencontré ?

Damien : Pour ma part, le temps avant tout. Je suis arrivé sur le projet plus tardivement que Sylvain – d’ailleurs, je commençais à peine Dark Souls II- et la deadline approchait vite. Néanmoins, avec un peu de sueur, l’aide de Sylvain et la bienveillance de Mehdi et Nicolas, ces quelques mois auront été suffisants pour réaliser le livre qu’on envisageait, sans réserve.

Sylvain : Principalement des difficultés liées au délai. J’écris lentement, déjà, et n’avais pas forcément anticipé le temps qu’allait prendre les allers-retours des différentes relectures, puis de la correction, etc. Spoiler alert : c’est super long ! Mais globalement, tout s’est bien déroulé.

Combien de temps vous a-t- il fallu pour terminer l’écriture de cet ouvrage ?

Damien : Je vais laisser Sylvain répondre à cette question puisqu’il a commencé à travailler dessus avant moi.

Sylvain : On avait commencé en juillet, pour une sortie qui se fera finalement en mai de l’année suivante. L’écriture en tant que telle s’est terminée bien avant la sortie, après on ne faisait plus que de la relecture, exercice tout aussi chronophage.

Pouvez-vous nous parler de Third Editions ?

Damien : C’est une maison d’édition basée à Toulouse, fondée par Mehdi El Kanafi et Nicolas Courcier, deux personnes très sympathiques et passionnées, qui ont toujours apprécié la presse jeu vidéo et les Beaux Livres. Ils se sont lancés assez tôt dans le milieu (ils avaient leur propre fanzine, puis leur site Console Syndrome, puis leur première maison d’édition Console Syndrome, etc.). Ils ont été directeurs éditoriaux pour Pix’n Love pendant quelques années, avant de finalement revenir à leur compte début 2015 avec la création de Third Editions. La maison d’édition compte déjà plusieurs dizaines de livres à son actif (Zelda, FFVI à XII, Metal Gear Solid, Silent Hill, Half-Life, les collections L’Année Jeu Vidéo et Level Up, etc.), et ils ont plein de projets. Un livre sur Dragon Ball en octobre notamment, écrit par Valérie Précigout : ce livre marquera le début de leur nouveau label Force, qui s’intéressera donc aux autres formes de la pop culture (manga, BD, animation, cinéma…). Et aussi, on espère, la traduction de nos ouvrages en anglais, pour percer à l’international (un Kickstarter est actuellement en cours).

Sylvain : Tout est dit. En espérant que le Kickstarter pour la traduction anglaise soit un succès !

Avez-vous eu des retours concernant votre livre ?

Damien : Des ventes très satisfaisantes et une majorité de retours positifs. Quelques reproches çà et là, qui nous motivent et nous donnent l’envie de nous surpasser, mais globalement j’ai l’impression que le livre a été très bien accueilli.

Sylvain : Les retours sont positifs, bien que reprochant souvent des répétitions au sein du bouquin. On sera plus vigilant sur le prochain volume.

Avez-vous terminé Demon’s Souls, DS 1 et DS 2 ?

Damien : Oui évidemment !

Sylvain : J’y ai joué une heure ou deux. C’était sympa.

Que pensez-vous de la communauté des « Souls » ?

Damien : Je la trouve passionnante et très diversifiée, et pas aussi sectaire que ce qu’elle aurait pu être (enfin, cela dépend des joueurs bien entendu). Je reste épaté de l’énergie mise par la communauté pour déchiffrer les histoires très cryptiques de chaque épisode. Mais ce qui me sidère le plus, ce sont les multiples secrets (très très) cachés dans les jeux, je me demande toujours comment ils ont pu être découverts. Après, étant un joueur solitaire de nature, je ne prête pas beaucoup d’attention à tout ce qui tourne autour du PvP, des Speed Run et cie.

Sylvain : Une fois passé les énervants « git gud », on découvre une communauté bienveillante et attachante. Je me suis souvent surpris à rencontrer, en PvP au sein du jeu, des gens super fair play et respectueux. Il y a un vrai code de bonne conduite dans certains duels. A ma connaissance, un tel comportement reste assez rare dans les jeux multi, on ne verra jamais ça dans un Call of ou un Fifa.

Un Boss de la licence qui vous a marqué ?

Damien : Le loup Sif. Son design, le décor, le contexte (encore plus une fois que l’on a fait le DLC Artorias of the Abyss) et la musique, ça m’a bouleversé. Notamment la toute dernière partie du combat… (avec un détail que les joueurs les plus pressés ou les plus bourrins n’ont pas forcément remarqué). Un vrai moment de grâce.

Sylvain : Je peux prendre deux exemples ? Le premier ce sont les Gargouilles de Dark Souls 1. La première d’entre elles est déjà ultra balèze, mais ça devient carrément infernal quand la seconde fait son apparition. On avait eu le même schéma dans Demon’s Souls avec les Maneaters, mais comme ce combat intervenait plus loin dans le jeu, c’était jouable. Avec les Gargouilles, c’est encore le début de Dark Souls et en affronter deux est totalement injuste ! Ce boss oblige alors le joueur à creuser les mécanismes du jeu, avec les améliorations des armes, les objets pour les imprégner, et pourquoi pas l’invocation d’une aide extérieure. L’autre exemple que j’ai en tête concerne aussi le premier Dark Souls, et il s’agit de l’Hydre du Jardin de Noiresouche. Ce n’est pas un boss à proprement parler, juste un ennemi normal, facultatif, mais pourtant atrocement puissant, imposant et dangereux. L’Hydre représente ce que j’aime dans les Souls, soit le fait de casser les schémas redondants exploration / boss, pour aller embêter le joueur dans ses (petites) zones de confort.

D’autres projets à venir ?

Damien : Mon livre (co-écrit avec Bruno Provezza de Mad Movies) sur ma série fétiche, Silent Hill, est sorti début septembre, toujours chez Third Editions. Actuellement je travaille sur un autre livre qui n’a pas encore été révélé, et qui devrait sortir en début d’année prochaine. Et en parallèle, avec Sylvain on est en train d’écrire le deuxième volume de Dark Souls par-delà la mort, qui sera cette fois consacré à Dark Souls III et Bloodborne. Il sortira probablement un ou deux mois après le deuxième DLC de Dark Souls III.

Sylvain : Damien a tout dit, je bosse avec lui sur le volume 2 de Dark Souls – Par-delà la mort.

Plutôt bâton de sorcier ou marteau ?

Damien : Plutôt épée traditionnelle (Longsword), j’aime m’en tenir aux combats de chevalier classiques.

Sylvain : Plutôt marteau, je n’aime pas trop la magie.

Plutôt Dark Souls ou Bloodborne ?

Damien : La question piège ! Demon’s Souls ! Non, en vrai je ne peux pas les départager ; Demon’s Souls, Dark Souls et Bloodborne sont trois expériences parmi les plus marquantes que j’ai pu vivre en jeu vidéo. Cela dit, si je ne devais vraiment en choisir qu’un, ce serait Demon’s Souls, pour les bases qu’il a posées et l’atmosphère inégalée de certains lieux qui m’ont fasciné comme jamais (les deux phases de la Tour de Latria ou le Val Fangeux). Quoique plus le temps passe, plus Bloodborne grimpe haut dans mon cœur. Question trop difficile, joker !

Sylvain : Dark Souls, le premier, encore inégalé dans son genre, ou en tout cas pas par ses suites. Cela dit, c’est plutôt drôle que tu poses cette question, car Bloodborne m’avait assez déçu sur le moment. En le refaisant dernièrement, et en creusant à fond le jeu, je lui ai découvert une richesse et une cohérence que j’avais complètement sous-estimée lors de mes précédentes parties. C’est vraiment un jeu qui s’apprécie avec du recul, et plus j’y pense, plus je me dis qu’il est presque au niveau du premier Dark Souls, la surprise des mécanismes en moins.

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Un grand merci à eux.

Pour aller plus loin : le livre et Third Edition, le kickstarter

 

 

 

A propos de l'auteur

Co-fondatrice de The Gaming Circle. Geekette passionnée, surtout par les RPG (mais pas que). Je joue sur XboxOne, PS4, PC, et vieilles machines. Gueule beaucoup mais ne mord pas.

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