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« L’homme est un loup pour l’homme »

Reconnaissons une chose, la communauté de Dark Souls, ce sont avant tout des joueurs qui souffrent, qui s’autoflagèlent et surtout qui en redemandent. Encore meurtris par les claques sur les fesses cuisantes du Roi Sans Nom, ou par la mort injuste et violente sous la main de Wolnir, on n’en avait pas assez. Avec un titre qui devient le jeu vendu le plus rapidement de la licence, Bandai Namco nous gâte avec la promesse de deux DLC. Ashes of Ariandel, le premier, est sorti le 25 octobre dernier. Les trailers enneigés nous avaient laissé frétillants et fiévreux d’impatience. Les allégations allaient bon train, quand au Boss, à l’entrée du DLC,… Un peu comme un chien attaché à une chaîne à qui on fait renifler une saucisse, Ashes of Ariandel était attendu au tournant avec une ferveur grandissante et comme un plaisir coupable assumé.

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Un chocolat chaud serait pas de refus

Contre toute attente, c’est finalement à la Cathédrale des Profondeurs qu’il faudra se rendre pour accéder au monde peint d’Ariandel. Gaël, un barbu en guenilles en posture de soumission épique, nous tend un mouchoir sale. Nous voici aspiré, transporté, dans les terres hostiles et froides d’Ariandel.

Amis misanthropes et lycanthropes à leurs heures perdues, vous allez être servis. Canis Lupus vous attend par paquet de dix dans des panoramas nordiques magnifiques qui m’ont donné des sueurs (froides). Le Valhalla n’est pas loin pour le guerrier qui s’aventure en ces lieux sans arme décente et sans moonboots. Je conseille d’ailleurs aux initiés un lvl 60-70 pour profiter du DLC à sa juste valeur. La bave aux lèvres et le nez en sang, nous pourrons avoir accès à une quinzaine d’armes supplémentaires, cinq sets d’armures, de nouveaux sorts et deux Bosses particulièrement réussis. A noter pour les amoureux du PvP, vous pourrez vous la comparer en arène dans une map spécialement conçue pour vous.

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Faut faire attention où on marche…

Il faudra compter de 3 à 5h selon votre niveau pour venir à bout de ces quelques épreuves de souffrance supplémentaires. Trop de feux pour certains, trop court pour d’autres…précisons une fois de plus que la taille ne fait pas tout. Et précisons aussi qu’on préfère souvent râler, fustiger, que de faire une tartine élogieuse (et digeste) de compliments. Et bien j’en déborde, après avoir fini ce DLC plusieurs fois. Comme toute joueuse passionnée, j’en aurai voulu plus. Mais en aucun cas je peux dire que j’ai été déçue. Au contraire, j’ai été encore une fois particulièrement touchée par le sens de la mise en scène, par les décors somptueux et écrasants. Les zones enneigées du début, me rappellent Skyrim en version plus hostile et tortueuse. La zone suivante, contraste de pourpre et de couleurs criardes avec le blanc de la neige immaculée, me fait penser à Bloodborne. Un décor sanguinolent, parsemé d’ennemis agressifs dans des reliefs poisseux et organiques. Et on peut retrouver cette justesse d’exécution, de théâtralité, dans la découverte des deux Bosses du DLC. Le premier dans une arène de glace, nous fera affronter l’humain et l’animal, la chair et la fourrure. Seulement optionnel, il n’en reste pas moins trépidant à combattre. Quand au deuxième Boss, qui vient clore ce DLC, c’est une véritable apothéose de vibrations viscérales tant au niveau de la musique, que de la cinématique. Et le combat qui nous attend, à l’image de la puissance du Boss, est de loin celui qui m’a le plus impressionnée. Trois phases, de nouveaux pattern à appréhender, et une victoire à la clé qui frôle, une fois n’est pas coutume, l’orgasme vidéoludique.

Edgar Allan Poe disait : “ceux qui rêvent éveillés ont conscience de mille choses qui échappent à ceux qui ne rêvent qu’endormis.” Et ce sont grâce à des jeux comme ceux de From Software que je peux nourrir mon imagination, mes rêves depuis mon fauteuil de bureau, les yeux grands ouverts. Alors oui ce DLC est peut-être un peu maigre, peut-être nous laisse-t-il sur notre faim, mais si vous voulez prolonger le rêve (ou le cauchemar c’est selon), de quelques heures épiques et douloureuses Ashes of Ariandel pourra vous donner ce que vous méritez.

A propos de l'auteur

Co-fondatrice de The Gaming Circle. Geekette passionnée, surtout par les RPG (mais pas que). Je joue sur XboxOne, PS4, PC, et vieilles machines. Gueule beaucoup mais ne mord pas.

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