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Bonjour et merci d’avoir accepté de répondre à mes questions ! Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ainsi que votre association ? 

Speed Them All est une association loi 1901 (à but non lucratif) dont le but est de faire la promotion du speedrun français et de ses acteurs. Pour cela nous organisons divers événements et émissions sur notre chaîne Twitch (plateforme de diffusion vidéoludique) et en particulier 2 grands marathons annuels, de 24h (thématique) et de 48h (le STA AllStars, concernant tout type de jeux vidéo). Occasionnellement nous organisons des événements consacrés à un type de jeux ou une série en particulier comme ça sera le cas en janvier avec 2 week-ends entièrement consacrés aux speedrunners français de RPG.
L’autre vecteur que nous utilisons en tant qu’association sont les rassemblements publics, conventions, festivals… Nous allons au devant du public, souvent néophyte (à l’exception du Stunfest dont le public est majoritairement averti) ce qu’est le speedrun, en faisant des démonstrations et en expliquant en quoi consiste le speedrun.
Nous avons également un site sur lequel on peut retrouver toutes les nouvelles nous concernant, nous contacter, mais surtout il permet de rassembler les outils qui permettent de se lancer dans le speedrun ou d’en connaître les termes si l’on débute (glossaire, timers et emulateurs autorisés, tutos…). Ces outils sont rassemblés pour la 1ere fois sur un site français et en français. Ils sont généralement dispersés sur divers sites de langue anglaise. Récemment le site a été mis à jour de façon à être totalement accessible sur mobile et tablettes.

Comment est né ce projet ?

Speed Them All remonte à 2014. Nous sommes à la base un petit groupe de runners qui avions l’habitude de se croiser et c’est ainsi que nous avons commencé à former notre petit groupe. Principalement actifs sur la série Resident Evil, et représentant une grosse partie de cette communauté sur le sol français, nous avons décidé d’organiser un premier marathon consacré à cette saga. L’événement ayant rencontré un certain succès nous avons décidé de nous monter en association afin d’avoir les moyens d’organiser plus de choses, notamment en public. La création officielle de l’association a eu lieu en février 2015. Nous sommes une dizaine de membres dispersés un peu partout en France et en Belgique. Depuis nous nous déplaçons régulièrement sur des festivals comme le Stunfest à Rennes ou le Dijon Saiten.
 

Pour un joueur non initié qui ne connaîtrait pas le speedrun, comment pourriez-vous définir la discipline ?

La définition la plus simple pour le speedrun serait : « Il faut terminer le jeu le plus vite possible ». Bien que de nombreuses catégories soient créées par les joueurs (Any%, New game +, 100%…) dont le Any% est la plus courante. Il s’agit de finir le jeu en utilisant tout ce que le jeu permet en matière de glitch (utilisation de bug), de talent du joueur et de possibilités techniques, sans sauvegarder (sauf dans le cas de multi-segments) et sans avoir recours à des outils qui sont réservés au T.A.S. (Tool Assisted Speedrun). Tout est donc fait à la manette en suivant les règles établies par chaque communauté sur chaque jeu, lesquelles ne sont pas toujours les même d’un jeu à un autre.

J’ai déjà entendu des joueurs « puristes » attaquer le speedrun. Que c’était gâcher le jeu, de la triche (avec l’exploitation des bugs…) Que répondriez-vous à ces critiques ?

Notre réponse est qu’il n’y a pas qu’une façon de jouer. Bien souvent le speedrun est la suite logique pour un joueur qui a « dosé » un jeu et qui essayait déjà de le terminer le plus vite possible avant d’avoir connaissance de la pratique du speedrun.

Être speedrunner n’empêche pas de jouer de façon classique, ce que nous avons tous fait. Un bon speedrunner ne se sera pas contenté d’apprendre un jeu, il en connaîtra le moindre détail.
Nous sommes avant tout des joueurs, nous aimons toute sorte de jeux et nous ne les speedrunnons pas tous. Le plaisir peut se trouver dans la découverte d’un jeu.
Le fait d’en arriver à jouer en cassant littéralement un jeu est aussi une forme d’hommage faite aux développeurs en leur disant : « On aime tellement vos jeux qu’on a poussé le vice jusqu’au bout ! »
Pour le côté « triche », les glitchs ne sont qu’une utilisation de failles laissées (parfois volontairement) dans les jeux. Certains jeux sont même destinés au speedrun. Mais pour ceux que cette façon de jouer rebute à regarder, il existe les catégories Glitchless (sans glitch). Il n’y a pas qu’un profil de speedrunner, ils sont multiples et chacun laisse la possibilité de s’exprimer de façons différentes. Le public trouvera toujours son compte.
L’autre point intéressant c’est que le speedrun par cette recherche constante d’amélioration entraîne le partage et la convivialité. Il n’y a quasiment pas de runner qui ne sera pas prêt à partager ses techniques, ses découvertes, ses raisonnements ou idées avec un autre speedrunner et ce malgré le côté compétitif.

Le speedrun pourrait à ce titre faire partie de l’Esport puisqu’il entraine une compétition amicale et l’utilisations de capacités et de connaissances des jeux similaires et avouons le aussi, parfois supérieures à certaines pratiques de l’Esport. La grosse différence résidant dans la pratique amicale de cette compétition et l’entraide. Les speedrunners sont bons joueurs et chaque temps battu est généralement acclamé par l’ensemble de la communauté qui s’emploie alors à le battre à nouveau.

Personnellement je suis une passionnée de la licence From Software et je suis des speedrunners sur les Souls et Bloodborne. Mais aucun n’est français. Où en est la scène du speedrun francophone ?

La scène française est l’une des plus importantes au monde. Malheureusement, elle est aussi très dispersée. Il existe de nombreux groupes travaillant à faire connaître la discipline, comme l’a fait entre autre la Team Superplay Live. Mais la plupart des runners sont très indépendants ou ne connaissent pas ces groupes. Avec Speed Them All nous tâchons d’aller vers eux, de les rassembler, de faire en sorte que chacun puisse montrer ce qu’il sait faire, qu’il soit connu ou pas du tout. La diversité de jeux et de runners de tous horizons est une des choses qui nous tient le plus à cœur.

La scène française a besoin de se renouveler, de communiquer, de s’entraider. C’est aussi pourquoi il est vital d’aller au devant du public, rencontrer les gens qui regardent mais aussi rencontrer les speedrunners, mettre un visage sur un pseudo, échanger, dialoguer. Il ne s’agit pas seulement d’organiser des marathons sur internet, il y en a une multitude, peut-être même trop ! Les passionnés se lassent parfois de voir toujours les même noms et c’est en ça qu’il faut se démarquer, chercher de nouveaux speedrunners.
Sur le site américain Speedrun.com, la liste des speedrunners français (et francophones) contient des centaines de noms. Ils sont là, partout et se renouvellent sans cesse. C’est ce que l’on trouve passionnant avec Speed Them All. Nous nous efforçons d’aller chercher ces personnes qui parfois n’ont même pas de public et nous leur donnons la même opportunité qu’un runner déjà bien installé.
Nous donnons des créneaux sur la chaîne à qui veut venir, la porte est ouverte !
Nous ne sommes pas une Web TV et n’avons pas cette volonté de créer du divertissement à tout prix 24h/24 en regardant nos abonnés croître. Nous avons choisi de présenter moins de choses mais de donner vraiment dans la promotion et le partage comme l’indique notre slogan.

La mise en avant de la scène française ainsi que donner l’envie à de nouvelles personnes de s’intéresser au speedrun et créer des vocations est notre priorité.

Speedrunner, comment le devenir ?

Avant tout, il faut choisir un jeu qui nous plaise ! Ça semble évident mais cette question revient très souvent. Vous allez passer des centaines d’heures dessus alors autant l’apprécier.
Il faut ensuite être patient, certains jeux ne sont pas évidents et demandent beaucoup d’application et d’entraînement.
Ne pas se décourager ! La courbe de progression peut parfois sembler lente mais la satisfaction de battre des temps de plus en plus rapide est une belle récompense.
Enfin il faut se faire plaisir ! On n’est pas obligé de se comparer aux autres sur des classements, la satisfaction personnelle est souvent suffisante pour la plupart des speedrunners. On se lance un défi à soi même avant tout.

J’ai été agréablement surprise par les communautés actives autour du speedrun, concentrées sur le partage, l’échange. Comment expliques-tu cela ?

Comme dit précédemment, le speedrun est avant tout une discipline de partage. On avance en se servant des progrès et des trouvailles des autres. En soit, il n’y a aucun intéret à garder ses trouvailles. Le partage se fait naturellement.

Le fait aussi que le speedrun soit une affaire de passionnés avant tout. Il existe beaucoup de discipline dont le plaisir est gâché par l’argent et le speedrun n’en fait pas partie. Même les rares personnes dont c’est le métier sont ouvertes à l’échange. On a pu voir de rares cas de personnes tentant de se faire payer contre des techniques de jeu « inédites » ou de tenter d’en déposer les droits (oui oui…) c’est ridicule et ça ne passe auprès d’aucune communauté. Le speedrun restera toujours ouvert. Cela doit être dans l’ordre des choses tout simplement.

Quels sont les speedrunners que tu apprécies particulièrement, que nous pourrions découvrir ? 

En tant qu’association il est difficile de donner des noms plus que d’autres. Par équité nous vous dirons d’aller regarder les vod des précédents marathons, les personnes qui ont participé sont toutes douées de talent qui méritent qu’on leur prête de l’attention et représentent l’ensemble des styles de jeux. A vous de vous faire une idée en suivant leur chaîne.

Des projets concernant le site, l’association pour cette nouvelle année ? 

Oui, nous continuons ce que nous appelons les « mini marathons », des soirées entre membres de l’asso avec différents jeux. En janvier nous avons également un gros event consacré aux speedrunners de RPG. Le prochain grand marathon devrait avoir lieu en mars et durera 48h. Coté events live, on nous a proposé plusieurs choses qui sont à l’heure actuelle, encore à confirmer, les nouvelles tomberont au fur et à mesure sur les réseaux sociaux et le site internet. Mais il y a fort à parier que l’on pourra nous retrouver sur des stands en festivals ou lors d’animations ponctuelles en public.

Notre but idéal serait d’organiser un marathon public à l’instar des GDQ aux Etats Unis, on nous le demande souvent. Pour que ça puisse se faire un jour il faut nous soutenir.

Comment peut-on soutenir, aider l’association Speed Them All ?

La première manière est de suivre notre chaîne Twitch www.twitch.tv/speedthemall et de profiter de ce que nous offrons, plus on se fera connaître et plus nous avancerons dans nos objectifs.
Ensuite, si les personnes le souhaitent, elles peuvent nous soutenir financièrement. Soit en faisant un don via le site ou la chaîne, soit en s’offrant des goodies sur la page spreadshirt de l’asso dont le lien est sur le site.
Étant une association à but non lucratif, tout sera utilisé pour les besoins de l’association, principalement afin d’acquérir du matériel sono et vidéo qui permettront d’améliorer nos prestations en public que ce soit pour nous avec de meilleurs moyens de capture ou pour les speerunners dont les runs pourront alors être commentés dans de bonnes conditions.

Un grand merci à Speed Them All pour avoir gentiment répondu à mes questions, n’hésitez pas à les suivre et les soutenir !

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A propos de l'auteur

Co-fondatrice de The Gaming Circle. Geekette passionnée, surtout par les RPG (mais pas que). Je joue sur XboxOne, PS4, PC, et vieilles machines. Gueule beaucoup mais ne mord pas.

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