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Yakuza, licence devenue phare chez SEGA, a vu le jour au cours de l’année 2005 au Japon. Rapidement populaire en Asie, la série de jeux dépeignant l’univers de la mafia japonaise a connu un succès moindre en Europe (je ne reparlerai pas des sempiternels problèmes de localisation). La sortie de la préquelle Yakuza 0 a cependant suscité un regain d’intérêt pour les aventures de Kazuma Kiryu. C’est donc avec évidence, qu’un remake loin d’être paresseux, revient donner un bon coup de jeune au premier épisode : Yakuza Kiwami.

Etant un remake, Yakuza Kiwami reprend logiquement l’histoire originelle. L’introduction nous emmène en 1995. Kazuma Kiryu poursuit sa montée en puissance au sein de la famille Dojima, affiliée au clan Tojo. Déjà réputé dans le milieu, le « Dragon de Dojima » continue de nouer des liens très forts avec Akira Nishikiyama et Yumi Sawamura, qui ont grandi avec lui dans le même orphelinat. Malheureusement, leur destin bascule lorsque Nishiki abat Sohei Dojima chef de la famille, afin de sauver Yumi. Kiryu prend alors la lourde décision d’endosser la responsabilité de ce meurtre.. Déshonneur et prison l’attendent à bras ouverts.

10 ans plus tard, Kazuma Kiryu a purgé sa peine. A sa sortie, notre ex-yakuza, toujours aussi charismatique, découvre que de nombreux évènements ont bouleversé la vie du quartier. Son ami Nishikiyama a lui aussi bien changé. Et quand on souligne le fait que 10 milliards de yens ont disparu, les ennuis ne semblent pas être loin. Avec son casting de haut niveau, sa mise en scène travaillée et ses nombreux dialogues, Yakuza Kiwami garde toujours son allure de véritable film de gangster nippon. Pour suivre cet haletant scénario (écrit par Hase Seishu), la maitrise de la langue de Shakespeare est quasi-indispensable puisqu’on déplore une fois de plus l’absence des sous-titres français. Comme à mon habitude, cela ne m’a posé aucun problème personnellement même si j’ai dû buté sur certains mots de temps à autre. L’anglais traduit peut sembler parfois étrange. Ce remake s’agrémente tout de même de 30mn de cinématiques inédites. Elles sont bienvenues et utiles car elles permettent de bien mieux cerner l’intrigue de la série. La chronologie générale tâchée par quelques incohérences introduites avec l’épisode 0 se trouve elle corrigée.

Côté sonore, les dialogues japonais (dont nous pouvons profiter pour l’immersion) ont été intégralement réenregistrés. Les musiques offrent des sonorités majoritairement rock et jazzy. Le lifting graphique, quant à lui, nous propose du 1080p/60fps. Le bond visuel entre la version PS2 et celle sur PS4 est bien entendu légitime et attendu. Le travail est accompli avec succès. La ballade dans Kamurocho plus vivant que jamais s’en trouve transfigurée. Les rues sont animées, les passants vaquent à leurs occupations, les lumières ambiantes confèrent toujours un charme particulier à l’ensemble. Le paysage balayé par une pluie battante offre de superbes panoramas. Les personnages profitent bien sûr de cette cure de jouvence et gagne immédiatement en élégance et charisme. Par contre attention à ne pas faire de comparaison avec les quelques titres de la Playstation 4 qui envoient des graphismes de haute volée. Le constat serait douloureux. De plus, la rigidité de certaines animations, l’interface d’un autre temps donnent un aspect daté au jeu qui en fait tout autant son charme. Mais ce n’est pas là que la magie de Yakuza Kiwami opère de toute manière.

Parmi les autres nouveautés introduites dans ce remake, on peut également noter le remaniement du système de combat. Partie importante du gameplay de Yakuza, ce dernier se trouvent modernisé avec l’intégration de quatre styles bien distincts (Brawler, Rush, Beast et Dragon). Les affrontements en deviennent un brin plus tactiques et il faudra alterner entre ces styles (avec chacun son coup ultime) pour être efficace au possible. Notamment contre les boss. Les bagarres sont toujours aussi brutales et l’utilisation de l’environnement demeure grisante. Les coups pleuvent et les ennemis sont nombreux. L’expérience acquise lors des combats et lors de quêtes permettront toujours de débloquer de nouvelles compétences pour Kiryu dans l’arbre concerné. Mais pour véritablement libérer la puissance de notre héros, le très sympathique « Majima Everywhere » est mis en place. Ce mode qui fait appel au borgne psychopathe. Il enfile d’ailleurs très bien le costume de mascotte de la série. Devenu un tantinet obsédé par Kiryu, Majima pourra apparaître à peu près n’importe où et à n’importe quel moment pour le défier. Les séquences donnent lieu à des situations tout à fait cocasses. Ces duels gagnés contre le sparring partner improvisé seront récompensées par l’amélioration du style du Dragon.

Pour faire durer votre séjour à Tokyo et vous autoriser à vous détendre après avoir cassé quelques mâchoires, les quêtes secondaires et les très nombreuses activités annexes accompagnent brillamment l’histoire principale déjà intense. Les quêtes qui se déclenchent en discutant dans le quartier vous feront visiter les recoins et mettent en scène des personnages variés. Leur nombre se monte à environ 80 et fera augmenter sensiblement la durée de vie du jeu. A côté de cela, nous retrouvons les mini-jeux bien connus de la série comme le baseball, le bowling, le casino, le billard, le karaoké, les fléchettes.. S’ajoutent deux activités inédites dans cet opus. La première nommée MesuKing Battle Bug Beauties est totalement insolite.. mais garde un esprit de délire typiquement japonais. Des demoiselles très légèrement vêtues s’opposent dans des duels inspirés de pierre-feuille-ciseaux. Pour rehausser l’intérêt de la chose, des cartes sont à collectionner. Le Pocket Circuit Car Racing propose lui un amusement plus classique avec des courses sur circuits miniatures. Enfin les plus coquins d’entre vous se délecteront des rendez-vous avec les deux nouvelles hôtesses à séduire. Ces à-côtés s’intègrent parfaitement à l’ensemble. Arpenter les rues de Kamurocho est des plus agréables malgré la taille réduite de la zone de jeu. Il serait d’ailleurs dommage de se concentrer seulement sur le scénario. Nous retrouvons en bonus, un mode deux joueurs dans lequel vous pourrez affronter un ami en local au billard, au bowling et aux fléchettes. Plutôt anecdotique mais toujours sympathique de le proposer.

Yakuza. Visite d’un Tokyo criant de vérité, vrai film de yakuza, héros badass, personnages hauts en couleurs, bastons douloureuses et activités foisonnantes. Un savoureux mélange qui confère au titre un côté toujours prenant. Et quand en plus l’expérience est rehaussée pour coller davantage aux standards actuels, le résultat est tout simplement savoureux (surtout à prix raisonnable!). Merci SEGA. Il est alors bien difficile de bouder son plaisir. A découvrir ou à redécouvrir.

 

A propos de l'auteur

Co-fondateur de The Gaming Circle. Rédacteur en chef. Papa Geek.. Toute l'actualité gaming-high tech m'intéresse et je suis pressé de découvrir la réalité virtuelle! Joue sur PS4, PC et PS Vita.

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